« Article précédent :

Le geek responsable, pourquoi ?

Par 13 mai, 2011

Vous avez lu le précédent article sur la définition du geek responsable et vous en avez rapidement saisi le concept. Cet article devrait vous convaincre qu’il s’agit définitivement de la voie à adopter au quotidien car on ne peut plus se permettre d’être geek dans ces conditions… Si vous n’aviez pas ouvert les yeux auparavant, je vous garantis qu’il y aura un « avant » et un « après » avoir lu cet article.

Quelles sont mes motivations ?

L’éthique et…

Les réelles richesses

En introduction, je parlais de richesse intérieure. Ces vraies richesses peuvent être en particulier la vie sociale et familiale, l’épanouissement personnel, la vie spirituelle, l’osmose avec la nature, etc. Toutes ces notions qu’un individu moins évolué technologiquement, qui ne subit pas les effets de la croissance économique, choisit naturellement de lui-même. Le fait est qu’un individu plus pauvre ne subit pas la même misère psychique et morale que ses contemporains occidentaux. Il est plus solidaire, accorde plus d’importance aux valeurs familiales. Certains d’entre nous aussi sont comme ça mais ceux-là sont exceptionnels. Pourquoi ? Parce qu’ils RESISTENT à la tendance générale imposée par nos sociétés qui prônent plutôt l’individualisme, la propriété privée et encourage la compétition dans tous les domaines…

La mode

En parlant de compétition… Avez-vous conscience qu’être à la MODE est une notion totalement SUBJECTIVE, conséquence de la création d’une « image de marque » menée par de riches privés et par leurs médias partenaires ? Avez-vous remarqué que lorsque vous achetez « une marque », vous ressentez du mépris pour les autres, ceux qui en ont choisi une autre de moins bonne qualité ? Moi le premier, je me moquais encore d’un ami geek qui a acheté un téléphone Windows Phone 7…
Mais est-ce que c’est vous qui avez voulu cet individualisme ? N’êtes-vous pas les publicités ambulantes d’un marketing asservissant ? Autrement dit, achetez-vous ces marques pour AVOIR ou pour ETRE ? (Pour info, les 2 réponses sont mauvaises icon wink Le geek responsable, pourquoi ? )

Le néocolonialisme

En réalité, la croissance économique appauvrit l’être, détruit la socialité dans ses aspects solidaires et conviviaux et ne parviendra jamais à réduire les inégalités, bien au contraire. Si encore, cette compétition était « saine »… mais c’est le contraire, nous voilà plongés en plein néocolonialisme qui n’a rien à envier aux pires atrocités de l’humanité ! L’exploitation des pays pauvres, l’acceptation globale d’un système qui augmente leurs dettes nationales exorbitantes, qui ne fait qu’enrichir des pays déjà trop riches, la famine et le travail infantile, les montagnes de détritus électroniques nocifs (vus dans le reportage ci-dessous) sur lesquels marchent pieds nus des centaines d’enfants… Pour toutes ces raisons, on se croirait revenus au XVème siècle !

Le progrès technologique

Les plus fervents défenseurs de ce libre marché argumentent que l’on doit les plus belles découvertes technologiques à cette libre concurrence. MAIS NON, ce qu’on oublie de dire, c’est que l’on ne doit pas le progrès technologique aux riches élites. Au contraire, leurs intérêts financiers LIMITENT le progrès. Régulièrement, de meilleures inventions pourraient remplacer nos « standards imposés » mais sont tués dans l’oeuf car ils ne sont pas compatibles avec les intérêts financiers égoïstes d’une POIGNEE de riches élites. On parle d’énergie propre, d’agriculture sans produit chimique, de collants indestructibles, d’ampoules centenaires, de moyens de transport plus rapides et plus propres, de télécommunications quasi-gratuites… Toutes ces possibilités technologiques ont de commun qu’elles sont incompatibles avec le profit de ces industriels… Alors que l’on serait normalement en mesure d’obtenir tout ceci, notre asservissement encourage le système à nous proposer toujours plus de produits jetables et bridés.

L’obsolescence programmée

Nous y voilà ! Le sujet à la mode du moment, à savoir l’obsolescence programmée qui est décrite dans ce très bon reportage d’Arte qu’il faut voir absolument si ce n’est pas déjà fait.

Avant d’approfondir, faisons bien la distinction entre les 3 types d’obsolescence que j’ai distingués :

  1. l’obsolescence techniquement programmée (que l’on vient de voir) : c’est une Absurdité. Tout le système tourne pour l’Argent en dépit de toute raison. Dans ce système, la nature est vue comme une matière première à surexploiter, l’humain est une main d’oeuvre et une simple ressource financière, la notion de haut de gamme est revue à la baisse, le progrès technologique est bridé par les intérêts financiers et c’est au fabricant à qui on a choisi d’acheter un produit de décider pour nous quand celui-ci devient obsolète.
  2. son amie, l’obsolescence subjective, créée par la mode, le marketing : le système est basé sur la frustration des acheteurs en leur répétant jour et nuit qu’ils sont marginaux ou carrément malheureux parce qu’ils ne possèdent pas le dernier téléphone à la mode. Dans ce système, ce sont les fabricants les plus influents (riches, populaires, mais pas forcément les meilleurs) qui décident pour nous quand nos produits actuels sont obsolètes.
  3. l’obsolescence technologique (la seule, la vraie) : dans l’absolu, un produit est obsolète uniquement quand il cesse de fonctionner ou quand il ne répond plus aux besoins pour lequel on l’avait acheté à l’origine…

L’économie

Là, je vais essayer de combattre le système sur son propre système icon smile Le geek responsable, pourquoi ? . L’économie, nerf de la guerre…

Pour cela, je vais vous parler du PIB. Produit Intérieur Brut : estimation de la richesse monétaire créée par un pays par an. En théorie, plus il est haut, plus le pays est riche, plus ses habitants vivent bien. Or, dans les faits, le PIB ne mesure que l’augmentation de la production et de la vente de biens et services sans tenir compte du bien-être des populations.

En effet, il ne s’agit là que d’un indicateur quantitatif et pas du tout qualitatif ! Michael Moore, dans son génial « Capitalism: A Love Story » montrait qu’une augmentation des dépressions aux Etats-Unis augmentait les ventes de médicaments… et, par là même, le PIB !

A ceci, ajoutez que le PIB est un indicateur économique non valable pour la simple et bonne raison qu’il ne tient pas compte de la quantité des ressources qui est limitée. Il ne prend pas en compte la résilience (la capacité d’un écosystème, d’un habitat, d’une population ou d’une espèce à retrouver un fonctionnement et un développement normal après avoir subi une perturbation importante). En effet, si l’on devait donner une réelle valeur à un produit qui utilise un matériau difficilement renouvelable (le pétrole par exemple), le coût serait démesurément plus élevé. Pareil si l’on devait compter le coût pour l’environnement de transporter des marchandises à l’autre bout du monde.

On s’en rendra compte le jour où l’on devra le payer, mais la vie que l’on mène aujourd’hui a un coût économique énorme à long terme, qui n’est pas comptabilisé aujourd’hui.

L’écologie

Excellente transition : de l’économie vers l’écologie. Les 2 vont bien si bien ensemble icon smile Le geek responsable, pourquoi ?

On sait tous que la consommation et la croissance ont des impacts négatifs sur l’environnement. Ce qu’on ne sait pas, c’est que l’on s’approche de la crise et du chaos écologique. En effet, l’épuisement des ressources énergétiques devient un problème de plus en plus important : pétrole, gaz, ressources minières se raréfient et les alternatives peinent à se développer. Le chaos proviendra aussi de la dégradation de l’environnement : l’effet de serre, le dérèglement du climat, la diminution de la biodiversité, la pollution nucléaire, la pollution en général, tous ces facteurs accélèrent ce processus…

On ne peut pas nier la capacité de régénération de la nature, en considérant ses ressources naturelles comme une matière première à exploiter. Il est impératif de réduire notre empreinte écologique, de ralentir la destruction des ressources naturelles et rétablir le rapport de réciprocité entre LA NATURE ET NOUS.

Le bien-être personnel

Comme je le disais, trop d’acquisitions matérielles conduisent au désordre. Comme expliqué en introduction, j’ai décidé de restreindre mes achats à l’essentiel uniquement. Procéder de la sorte a de réels avantages à tous les niveaux, économique bien sûr, écologique aussi mais surtout psychologique. C’est autant d’objets en moins dont je vais devoir me préoccuper : rangement, entretien, sécurité. Mon esprit devient libre, je dispose de plus de temps et de moyens ! A long terme, j’aurais besoin de moins pour vivre, donc de travailler moins… mais ça, c’est un doux rêve je crois.

Or, aujourd’hui, j’ai décidé que je préférais agir plutôt que subir. Comme la pénurie de ressources naturelles arrivera, on subira forcément une décroissance. Pour ma part, je préfère l’avoir CHOISIE que subie.

J’espère que vous aurez pris conscience de plusieurs choses qui ne sont pas forcément évidentes pour tout le monde. Mais je ne vais pas vous blâmer ! J’étais comme ça aussi et tout ce que j’écris ici n’est pas issu que de ma propre réflexion. C’est une synthèse de plusieurs heures de recherche…

On peut l’avoir su au fond, mais on est tous responsables d’avoir renforcé un tel système, qui n’est pas à notre avantage, bien au contraire. Maintenant que l’on est tous bien alignés, il est temps de passer à l’acte et de voir comment nous pouvons remédier à ça, chacun à son niveau…

Je vous laisse méditer là-dessus… La suite la semaine prochaine !

 

Vous devriez nous suivre sur Twitter ici et rejoindre notre groupe sur Facebook ici.

Mots-clefs :, Catégories : article, La sélection des meilleurs articles
10 commentaires

Ton premier article sur le sujet était intéressant, il apportait une approche un peu nouvelle à la question, mais celui, j’aime moins :

– Qui es tu pour affirmer « Ce qu’on ne sait pas, c’est que l’on s’approche de la crise et du chaos écologique. », je te l’accorde c’est un scénario qui est devenu probable depuis que l’on a pris conscience que la plupart des ressources sont non renouvelables et des problèmes écologiques. Mais de la à l’affirmer tel un prophète.

– « On parle d’énergie propre, d’agriculture sans produit chimique », je me renseigne souvent sur les énergies propres et tout les articles (detaillés) que j’ai lu affirment qu’il n’existe pas d’énergie propre deployable en grande échelle ! Quand on te parle d’une énergie renouvelable ou propre, il faut bien l’étudier avant de juger si elle l’est vraiment :
ex : les panneaux solaires, on parle rarement de comment ils sont construit en chine, avec de l’énergie provenant de central à Charbon, et qu’ils mettent quelque année avant de pouvoir restituer toute l’énergie necessaire avant leur fabrication (je doute que ça soit le cas de tout les panneaux solaires qu’on met sur les pseudos produits portables écologique). On ne parle jamais aussi de leur durée de vie, qui est limité, tout comme celles des éoliennes. Quand à l’agriculture sans pesticide. Mon père est ingenieur agricole et il est de nature optimiste et écologique, mais il n’y crois tout simplement pas. On a quand même une population de 6 milliards à nourrir. Manger bio est un luxe que peu de gens peuvent s’offrir également !

Dans le fond, je suis d’accord avec toi, mais faut pas faire croire au gens qu’ils existent des solutions miracles, et que le monde est gouverné par des méchants qui s’en foutent et qui pensent qu’à sans mettre plein les poches, c’est plus compliqué que ça, même si je penses aussi que c’est même gens on pas de chose à se reprocher aussi !

Critiquer le capitalisme, c’est également facile, mais proposer un autre système non utopiste, sans est une autre (l’histoire montre que de telle tentative, on menait à des systèmes pires, trop de gens oublient l’histoire), personnellement je pense que le capitalisme est à la base une bonne idée, il ne faut pas le remplacer complètement, juste le renforcer avec des lois protégeant plus l’environnement et l’intérêt des plus démunies.

Jeremie Heriat (le 13 mai 2011)  - #1

J’avais mis geekeries dans mes flux un peu au hasard mais depuis les 3 derniers articles je commence vraiment apprécier ! Bonne chance pour la suite.
@jeremie Heriat : il faut savoir que les industries qui profitent du pétrole et autres sources d’énergie polluantes font de la propagande afin que justement on croit qu’il n’y est pas d’autres solutions que celles-là…
regarde donc ça (jusqu’à la fin) : http://jeromechoain.wordpress.com/2011/03/23/xavier-renou-talentueux-desobeissant-flingue-le-nucleaire-chez-davidabiker/

korbock (le 13 mai 2011)  - #2

site moi alors une des ses solutions par quoi remplacerait tu le moteur à explosion pour le moment, par quoi remplacerait tu le nucléaire en France ?

Jeremie Heriat (le 14 mai 2011)  - #3

je vois de voir ta vidéo jusqu’au bout, il ne répond pas du tout de manière convaincante à la question des alternatives !

Jeremie Heriat (le 14 mai 2011)  - #4

Salut Soso, ah ben voila déjà le prochain article, sympa pour meubler ma mep d’aujourd’hui ;)

@Jeremie H. :
— moteur à explosion : remplacer par vélo – bon c’est pas gagné pour les avions mais je crois que dans Chicken Run ils l’ont fait.
— centrales nucléaires : un vélo et une bonne dynamo dans toutes les chaumières, et fini les bouchons dans les villages pendant le tour de France ?
————-
—- Je suis OK pour dire qu’on est tous un peu responsables, par contre les investissements dans la recherche et l’industrie sont aux mains de quelques-un. Ces quelques-un c’est qui ? Un tout petit peu les gouvernements, et BEAUCOUP les multinationales, et le pire c’est que c’est bien souvent avec NOS sous (ou ceux de nos parents, leur retraite, etc.)
————-
Voici déjà un moyen : arrêter d’emprunter pour des trucs débiles et mettre ses économies dans des projets « modernes », dans le sens de projets qui ont compris que l’ancienne économie capitaliste est complètement myope et s’en tape complet du long terme. Une idée qui n’est pas de moi, mais de la NEF http://www.lanef.com/ .
———
Bon allé les jeunes il faut y croire ; si on cherche pas on trouvera pas. Le problème c’est que jusqu’à présent on a beaucoup été formatés pour penser tous la même chose.

Julien (le 14 mai 2011)  - #5

Merci pour ce billet.
Il va falloir arrêter de se comporter comme des égoïstes et réfléchir a court terme a un moment ou un autre….

NeozOne (le 14 mai 2011)  - #6

Cet article et ce blog font vraiment plaisir à voir comparés à Gizmodo…

Bonne continuation :) !

Baytis Vivendri (le 24 mai 2011)  - #7

Comment ça ? Steve Jobs n’est pas Dieu ? Apple n’est pas le Paradis matérialisé à 500$ l’IPAD ? « Coming out » idéologique touchant mais surréaliste … Pas besoin d’attendre M.Moore pour survoler les conséquences (visibles) du système capitaliste. K.Marx (avec F.Engels) en parlait déjà à la fin du 19ème siècle dans « Le Capital. Critique de l’économie politique ». Ensuite par rapport au monde de vie, une petite lecture des livres « Éloge de l’oisiveté » de B.Russell et « Le Droit à la paresse » de P.Lafargue s’impose. Ce sont deux petites claques qui font un grand bien. C’est bien d’avoir ouvert les yeux, maintenant il faut approfondir et ne pas tomber dans un autre extrémisme.

PS: Désolé pour le ton condescendant.
PS2: Il y a aussi des pauvres en France, pas besoin d’aller étudier les « sauvages » (terme souvent utilisé en anthropologie).

Pocky (le 28 mai 2011)  - #8

Cool de voir que d’autres se laissent convaincre par la décroissance. Bienvenue dans un mode meilleur.

Baptiste (le 5 juillet 2011)  - #9

+1 baptiste

gites ruraux (le 28 juillet 2011)  - #10

Désolé, les commentaires sont fermés pour le moment.