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Le geek responsable, c’est quoi ?

Par 6 avr, 2011

Commençons par une courte histoire. Vous me connaissez tous : Soso, geek, matérialiste, quelques connaissances en informatique, suivant la mode, consommateur effréné à l’affut de la moindre sortie de gadget high-tech.

Lors de récentes vacances à l’autre bout du monde, j’ai pu prendre un peu de recul sur cette effervescente vie de geek. J’ai pris le temps de bouquiner. J’ai découvert de superbes paysages en compagnie de ma chère et tendre. J’ai re-visionné des films cultes, dont Fight Club que vous devez probablement connaitre. Dans ce film, au-delà de l’intrigue décidément fort bien menée, ce qui m’a interpelé, c’est le message contestataire de l’actuelle société de consommation

La pub nous fait courir après des voitures et des fringues, on fait des boulots qu’on déteste pour se payer des merdes qui nous servent à rien… (Tyler Durden, Fight Club)

En effet, dans la société de consommation, on consacre son temps à gagner toujours plus d’argent pour satisfaire des besoins matériels. Mais ceux-ci ne seront jamais satisfaits en raison de leur renouvellement incessant. Et même s’il l’on arrivait à se sentir satisfait, de nouveaux besoins sont incités par la publicité, les médias ou les blogs… comme Geekeries (mais on va y remédier) ! On peut avoir du recul sur la pertinence des pubs, rire de certaines, on peut avoir vu le film 99 francs (une satyre du métier de publicitaire)… Mais quoi qu’on fasse, on y succombera car on est amené à en gober partout, tout le temps. Et l’objectif principal de la pub est de nous convaincre que nous sommes malheureux, et que le chemin vers le bonheur se trouve dans quelques achats stupides.

Avant, je me disais « OK, succombons aux achats faciles, prenons quelques crédits sur 3 mois, achetons tous les derniers gadgets » ! Mais je me suis rendu compte que le prix à payer pour toute cette consommation était élevé : à un niveau personnel (épuisement professionel, stress, endettement) et à un niveau plus global (effets sur l’environnement ou accroissement de la pauvreté dans le monde). Je vais revenir plus en détails sur tous ces points mais je me suis surtout rendu compte d’une chose réellement importante. C’est que la quête du bonheur par la consommation est une course sans fin et que nous en sommes les grands perdants.

Richesse intérieure ou richesse matérielle ?

Tout ça pour dire que j’ai préféré en sortir. Les critiques d’une telle décision sont faciles. Le système nous éduque pour devenir de bons travailleurs et/ou de bons consommateurs. Quelqu’un a dit que chercher à sortir du système, c’est toujours suspect et cela peut attiser de la méfiance, voire de l’hostilité. II est clair qu’il n’est pas facile de renoncer au progrès technologique ou au confort de notre mode de vie. TOUTEFOIS, je ne veux pas que l’on remette en cause la technologie, la sécurité, le confort et les avantages qui en découlent. Je voudrais aller au-delà du simple combat écolo-bobo contre fashion victim capitaliste : les deux, pour moi, sont des extrêmes. Et tous les extrêmes sont mauvais. Il n’est donc pas question de me marginaliser, ni de continuer d’être à la mode à tout prix. En fait, il n’est pas question de perdre ma passion pour le high tech.

Je sais que d’autres blogueurs ont abordé avant moi le sujet de l’obsolescence programmée et que ça devient un sujet à la mode. Je pense personnellement que ce n’est qu’une facette du problème mais qu’elle est suffisante pour prendre conscience qu’un changement dans notre façon de consommer est nécessaire. Non, je n’assume pas d’être geek dans ces conditions, je souhaite un changement et donc je vais changer personnellement.

Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. (Gandhi)

Aujourd’hui, je veux, simplement, expliquer le pourquoi de cette nouvelle orientation pour Geekeries (pourquoi privilégier la richesse intérieure, plutôt que la richesse matérielle).

Puis, dans cette série d’articles ayant pour sujet « le Geek responsable », je veux montrer les (petits) moyens que j’ai personnellement mis en oeuvre, dont vous pouvez vous inspirer, pour y parvenir aussi…

Vers plus de simplicité

Une citation bien connue de Saint-Exupéry disait :

« Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher. » (Saint Exupéry)

On peut comprendre cette phrase de plusieurs manières possibles. Pour moi, elle signifie que l’on doit éviter l’accumulation, se débarrasser de ce qui nous encombre, se satisfaire de moins et appliquer un principe de simplicité dans notre quotidien.

Se satisfaire de moins

Ne partez pas tout de suite ! Tout de suite, les gens s’imaginent une vie au rabais, moins riche… dont on ne PROFITE pas assez. J’ai dit simplicité, et pas frugalité !

Attendez, imaginez-vous un instant que la simplicité soit une FORCE.

En effet, selon moi, trop posséder signifie moins de liberté. Tout gadget que l’on achète, c’est autant de moyens financiers en moins que l’on pourra consacrer à une autre activité, de dépenses en plus qu’il faudra consacrer pour l’utiliser (soit parce qu’il demande une source d’énergie, soit parce qu’il requiert l’utilisation d’un autre appareil) ou de temps à l’entretenir (nettoyage, rangement, mises à jour, réparation…) !

Tyler Durden (encore lui) disait à juste titre à propos de cette véritable aliénation :

Les objets que l’on possède finissent par nous posséder.

Par rapport au ménage, peu de gens se rendent compte qu’accumuler plus revient à nettoyer plus. Logique me direz-vous. Mais je ne sais pas pour vous : autant j’adore quand mon appartement est tout clean, rangé, brillant, autant je déteste faire le ménage. Or, avec plus d’objets, plus de câbles électriques, ça devient beaucoup plus difficile de passer l’aspirateur, de passer sous les meubles, de faire briller, de nettoyer à grands coups d’eau. Ou alors, il faut ranger, oui. Mais pour ranger, il faut des meubles, qu’il faut acheter et qu’il faudra aussi nettoyer… Du coup, il nous arrive de tout ranger dans un énorme débarras ou de laisser tomber certaines tâches ménagères en vivant avec un énorme sentiment de frustration de laisser ce cache-misère en l’état…

Mais la solution existe ! Là où je veux en venir, c’est qu’il faudrait dans l’idéal acheter uniquement l’essentiel (cette notion est subjective, c’est vrai mais je vais approfondir ce sujet prochainement). Acheter moins mais mieux. Et rappelez-vous que la simplicité est une force !

Voilà tout pour aujourd’hui ! Le prochain article à paraitre approfondira un peu plus le sujet et se focalisera sur les motivations du geek responsable ! J’espère qu’il finira de vous convaincre avant de vous présenter les moyens qui existent pour y parvenir… icon wink Le geek responsable, cest quoi ?

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8 commentaires

C’est ce qu’on appelle la décroissance (à nuance près, éventuellement). Et ce principe ne s’applique pas nécessairement uniquement au système de consommation.

Par exemple, en programmation, le système classique apprend à utiliser des structure véritablement complexes et à intégrer des tas de fonctionnalités particulières. Au contraire, on peut chercher à aller au plus simple en incluant le strict minimum tout en permettant une évolution simple pour de nouvelles fonctionnalités.

Ou alors, dans certains exercices de langue comme la contraction de texte, on l’on doit réduire un texte environ au dixième. Il s’agit généralement d’enlever tout ce qui n’est pas indispensable pour former un condensé des idées les plus importantes.

Pour en revenir à la consommation, il faut faire attention aux termes. Un geek ne consomme pas (nécessairement) des tas de gadgets, bien que ce soit part du préjugé habituel. À l’origine, la culture geek se base sur un système fonctionnant hors de la société de consommation, justement parce que celle-ci est incapable de lui fournir exactement ce qu’il veut. Je veux parler bien évidemment du DIY (NDLR: Do It Yourself).

Le principe des publicités est de créer un nouveau besoin en se basant sur l’image sociale que les individus ont d’eux-mêmes. Les produits associés ont donc des fonctionnalités propres qui les rendent indispensables aux yeux des consommateurs (pour leur attrait social). Par exemple, le cachet des derniers produits Apple (l’Apple de Steve Jobs, par opposition à l’approche de Steve Wosniak).

Pourtant, tous ces produits sont fabriqués pour une utilisation similaire, à savoir statique: les fonctionnalités ne sont pas souvent faites pour évoluer (fermeture des produits de chez Cupertino, formats propriétaires de chez Redmond, monopoles de chez Mountain View).

Enfin, on pourrait se demander pourquoi le DIY a aussi peu de succès comparativement à la consommation frénétique. En fait, il me semble que c’est le même problème que celui de l’inertie politique en générale. Le système hiérarchisé est très profondément ancré dans les mœurs. Une entité supérieure (de plus en plus la société et de moins en moins des individus) est reconnue comme compétente et il semble aberrant que les individus puissent avoir leur mot à dire.

Dans le système politique, cela revient à dire que la démocratie, c’est le fait de pouvoir voter, que la «démocratie participative» est une attraction originale, c’est le fait de mettre les individus en périphérie d’un système de plus en plus opaque. Dans la système de consumériste, c’est le fait que cette même identité (ou similaire) décide pour nous ce que nous devons acheter, consommer, comment nous devons nous comporter face à nos semblables.

Pour en revenir au sujet, un geek n’a pas besoin de «consommer». Il fait ce qu’il veut, quand il veut, avec ce qu’il veut et, quand il a besoin d’un bout de pizza pour pas mourir devant son jeu, son éditeur de code, son logiciel de traitement graphique, ou son fer à souder, ou d’un composant pour nourrir son fer à souder, qu’il ne peut se procurer directement, il l’achète.

Ici, le besoin précède toute forme d’achat, c’est-à-dire que le besoin en soi n’a rien à voir avec l’achat, contrairement à un système basé sur la publicité ou c’est l’achat qui représente une amélioration de l’image sociale.

Pour résumer, il ne faut pas prendre le cyberpunk et ses tenants comme une sous-culture (au sens de l’inclusion) de la culture occidentale de consommation mais bien comme une culture _alternative_, c’est-à-dire qui peut avoir ses processus propres.

(Oui, je sais que je digresse beaucoup)

Yoha (le 6 mai 2011)  - #1

Il faudrait faire quelque chose pour que les sauts de ligne soient visibles…

Yoha (le 6 mai 2011)  - #2

Tu es parti dans tous les sens Yoha, dis-moi ! En effet, le mot geek est difficile à définir. Perso, je l’utilise au sens de la culture populaire : le technophile, fan de gadgets.
Ceci dit, tu dis des choses très justes, notamment concernant la décroissance (pour moi, c’est une autre façon de nommer la simplicité, qui porte sûrement d’autres noms) et également sur le fait que nos produits sont quasi-systématiquement fermés aux futures évolutions.
Après, ton idée sur la hiérarchie du système politique actuel, c’est sûrement une autre facette du problème, peut-être son origine je n’en sais rien, mais il est clair qu’il ne fonctionne pas vraiment à notre avantage…

Pour les sauts de ligne, c’est WordPress qui modifie ça automatiquement…

Soso (le 6 mai 2011)  - #3

Dommage pour le formatage des paragraphes, ça porte un peu atteinte à la lisibilité. En effet, je suis allé un peu loin :-° . Mais c’est mieux d’avoir en tête les points qui peuvent y être liés.

Yoha (le 6 mai 2011)  - #4

Salut Soso, ça faisait longtemps que j’étais pas venu sur ton blog. Ça a un peu changé de ton ou bien. Et j’attends maintenant avec impatience le prochain article.

Julien (le 11 mai 2011)  - #5

C’est amusant, si j’avais dû parler de ce que c’est qu’être geek responsable j’aurais attaqué le sujet d’une manière tout à fait différente ! Ce qui évidemment n’est pas une manière de dire que ce que tu as développé est moins intéressant !

Pour moi un geek responsable doit réaliser les effets que l’usage des appareils qui sont à sa disposition peuvent avoir sur son environnement au sens large. Se jeter toutes les 5 minutes sur son iphone pour balancer un tweet alors que l’on est accompagné n’est pas toujours neutre. De même, ce n’est pas parce que l’on a dans la poche de quoi prendre une photo qu’on doit se permettre de photographier au flash (j’ai lu l’article plus bas ;) ) des oeuvres d’art faiblement éclairées car fragiles dans des expositions où c’est interdit pour des raisons valables.

Tout se passe comme si chez certaines personnes l’utilisation d’un outil prenait le pas sur les activités qu’il était supposé accompagner et soutenir, pour potentiellement les corrompre. Les outils à notre disposition, pour fascinantes qu’ils soient, ne devraient pas, je crois, devenir une fin.

Galla (le 28 août 2011)  - #6

je pense qu’il faudrait faire quelque chose pour que les sauts de ligne soient visibles : )

Benzaky (le 31 août 2012)  - #7

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